"Quelque chose subsiste. Impérissablement. Quelchose nous survit. Loin de nous clore, cette mort là nous fait éclore."

ZENO BIANU Sagesse de la mort en Orient et en Occident.


Nous nous étions dit ce que nous avions à nous dire, et je t'en remercie. Je t'avais pardonné les dernières choses que j'avais sur le coeur. Je sais que tu nous a à tous pardonné au moment même où tu as quitté ton corps. Tu as vu, tu as compris. Il nous reste à nous pardonner ce qui nous appartient. C'est important. Pour te laisser partir.

J'avais pris de l'avance en apprenant à vivre sans toi. L'annonce de ton accident n'en a pas été moins violente. Que de frayeurs tu avais fait à tes proches ! Que d'aventures et de mésaventures ! Tu en étais devenu immortel. Et ce jour là, le monde ne pouvait plus tourner sans toi...

Tu m'as appris tellement de choses de ton vivant, mais finalement, ta plus grande leçon c'est maintenant que je la comprend. Ton départ m'a fait apprendre autant sur la Vie que sur la Mort. Ta mort me fait revivre. Vivre pour de bon, vivre pour de vrai. J'avais pourtant bien l'impression de vivre, de bien vivre même !

Aujourd'hui je ne veux plus de retenue. Je veux faire Honneur à ta Liberté. Une des femmes que tu as aimé ma parlé de toi comme cet Homme, habillé en vagabond, qui t'accueille comme une Princesse. Cela te va si bien. Des besoins simples, un coeur grand et généreux.

Ton départ est comme un cri d’alarme : je veux rire, chanter et danser, et ne surtout rien laisser assombrir mon plaisir de vivre. Je veux faire attention à chacun, comme s'il allait partir demain. Je veux faire vivre ton Courage dans les moments difficiles, ta Volonté quand la tâche me paraîtra insurmontable, et ton Amour quand la Vie me paraîtra triste...

Hier, cela faisait 40 jours que tu nous quittais. Pour les chrétiens et les musulmans, cela est un moment très important, peut être celui où ton âme quitte définitivement ce monde et en rejoint un nouveau. Hier, j'ai vu et entendu de belles et fortes femmes. Des femmes que j'aime, que tu as aimé, qui t'auraient aimé. Nous avons parlé de toi, partage nos émotions, fait vivre ton souvenir.

C'était une belle journée pour moi. C'est d'ailleurs hier que cet éclair est apparu, au moment où j'appuyai sur le declancheur, tel un clin d'oeil céleste. J'étais en pleine discussion téléphonique avec une de ces merveilleuse femme. Cet orage était superbe, merci.

Demain sera aussi une journée importante. Le 42 ème jour. Selon les bouddhistes cette fois, tu vas vivre une dernière fois les circonstances de ta mort ; peut être aussi les circonstances de ta vie. Une dernière fois, et ensuite tu partiras définitivement. Soit tu atteindras l’éveil et rejoindras les bouddhas, soit nous aurons le plaisir de t'accueillir à nouveau sur Terre, dans une nouvelle enveloppe charnelle.

Dans tous les cas, nous penserons à toi demain, surtout à 21h 30. Nous t’enverrons nos prières d'Amour et de Paix afin que tu soit fort pour vivre ce dernier bardot. Nos pensées t'aiderons à affronter ce que tu dois traverser et à trouver une nouvelle incarnation, digne de ton nom.

Nous continuerons ensuite à penser à toi, nos pensées aiderons l'homme que tu deviendras à avancer et à améliorer ton / son karma. Dans le cas où tu atteindrais le Nirvana, ces prières nous deviendraient alors bénéfiques ( qu'ils sont forts ces bouddhistes ! ).

Je serai triste demain, car je te dirais mon dernier au revoir. Mais je serai heureuse aussi, car désormais tu seras dans chaque fleur que j’arrose, dans chaque lever et coucher de soleil qui me réchauffera le coeur, dans chaque constellation des plus beaux ciels étoilés, dans chaque virage de mon étroite route de montagne, dans chaque battement d'ailes des papillons, dans chaque éclat de rire, dans chaque sanglot, et dans les plus beaux éclairs des plus beaux orages.

Merci.


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Abu Simbel, le blog

La vie est la Mort sont inexorablement liées. D'ailleurs, c'est la Mort qui a en quelque sorte donnée la Vie à ce blog, mais pas que...

Je voulais publier ce texte intime que peu de personnes ont lu. Je ne voulais pas exhiber ce texte, je ne voulais pas l'imposer, mais je voulais le publier...

Suite au prochain article !


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